Si tu cherches la traduction de Running Up That Hill, tu n’es pas seul. Depuis sa sortie sur l’album Hounds of Love en 1985, puis sa renaissance spectaculaire après la série Stranger Things, ce titre de Kate Bush est devenu l’une des chansons les plus recherchées sur internet. Les paroles, à la fois simples et profondes, méritent d’être lues dans les deux langues. Voici la traduction complète et une explication du sens de chaque couplet.
Avant de plonger dans les paroles, un rappel utile : le titre complet de la chanson est Running Up That Hill (A Deal With God). Kate Bush voulait initialement l’appeler ainsi, mais les maisons de disques de l’époque ont refusé, craignant une controverse religieuse. Résultat : « running up that hill » sur la pochette, « a deal with god » dans le sous-titre.
Les paroles de Running Up That Hill et leur traduction française
Voici les paroles originales de Kate Bush avec la traduction en regard :
| Paroles originales (anglais) | Traduction française |
|---|---|
| It doesn’t hurt me | Ça ne me blesse pas |
| Do you want to feel how it feels? | Est-ce que tu veux sentir ce que ça fait ? |
| Do you want to know, know that it doesn’t hurt me? | Est-ce que tu veux savoir, savoir que ça ne me blesse pas ? |
| Do you want to hear about the deal that I’m making? | Est-ce que tu veux entendre le deal que je suis en train de faire ? |
| You, it’s you and me | Toi, c’est toi et moi |
| And if I only could, I’d make a deal with God | Et si seulement je pouvais, je ferais un marché avec Dieu |
| And I’d get him to swap our places | Et je lui ferais échanger nos places |
| Be running up that road, be running up that hill | Je courrais sur cette route, je monterais cette colline |
| Be running up that building | Je monterais cet immeuble |
| Say if I only could, oh | Dis si seulement je pouvais, oh |
| You don’t want to hurt me | Tu ne veux pas me blesser |
| But see how deep the bullet lies | Mais vois comme la balle est profonde |
| Unaware I’m tearing you asunder | Sans le savoir, je te déchire |
| Ooh, there is thunder in our hearts, baby | Oh, il y a du tonnerre dans nos cœurs, bébé |
| Is there so much hate for the ones we love? | Y a-t-il tant de haine pour ceux qu’on aime ? |
| Tell me, we both matter, don’t we? | Dis-moi, nous comptons tous les deux, non ? |
| Let me steal this moment from you now | Laisse-moi voler ce moment pour toi maintenant |
| C’mon baby, c’mon darling | Allez chéri, allez chéri |
| Let me steal this moment from you now | Laisse-moi voler ce moment |
| C’mon angel, don’t let me down | Allez ange, ne me déçois pas |
| And if I only could, I’d make a deal with God | Et si seulement je pouvais, je ferais un marché avec Dieu |
| And I’d get him to swap our places | Et je lui ferais échanger nos places |
| Be running up that road, be running up that hill | Je courrais sur cette route, je monterais cette colline |
| With no problems | Sans problèmes |
| Say if I only could, oh | Dis si seulement je pouvais, oh |
Ce que Kate Bush veut dire par « deal with God »
La chanson tourne autour d’une idée centrale : si seulement je pouvais faire un marché avec Dieu pour échanger nos places — ressentir ce que l’autre ressent, marcher dans ses chaussures. Ce n’est pas une chanson religieuse au sens traditionnel. C’est une chanson sur l’empathie radicale.
Kate Bush a expliqué dans des interviews que Running Up That Hill parle de deux personnes qui s’aiment profondément mais ne se comprennent pas vraiment. L’idée du deal with God : si Dieu permettait à un homme et une femme d’échanger leurs places, d’exchange the experience, peut-être que leurs problèmes disparaîtraient. Ils comprendraient enfin ce que l’autre vit.
La colline, la route, l’immeuble — running up that road, running up that hill, running up that building — ne sont pas des lieux réels. Ce sont des métaphores de l’effort, de la montée difficile que représente la vraie compréhension de l’autre. Je ferais un marché avec Dieu, je lui ferais échanger nos places : c’est le cœur de la chanson.
Les images poétiques : la balle, le tonnerre, la haine
Quelques vers méritent une attention particulière dans ces paroles. « But see how deep the bullet lies » — vois comme la balle est profonde — décrit la douleur invisible que l’on inflige à l’autre sans s’en rendre compte. On ne veux pas blesser, mais on blesse quand même. Unaware I’m tearing you asunder : sans le savoir, je te déchire.
« There is thunder in our hearts » : il y a du tonnerre dans nos cœurs. L’intensité émotionnelle d’une relation amoureuse, ses tensions, ses tempêtes intérieures. Et cette question : y a-t-il tant de haine pour ceux qu’on aime ? Kate Bush pose la contradiction fondamentale des relations humaines — on peut blesser profondément les personnes qu’on aime le plus.
La répétition de « si seulement je pouvais, oh » — places be running up that hill — crée une incantation hypnotique. C’est intentionnel. Kate voulait que l’auditeur ressente le caractère insoluble du problème : je ferais un marché, si je pouvais, mais je ne peux pas.
Pourquoi cette chanson est-elle si populaire aujourd’hui ?
Running Up That Hill existait depuis 1985, sur l’album Hounds of Love. Kate Bush l’a écrite et produite elle-même, avec une précision musicale qui la démarquait déjà de tout ce qui se faisait alors. Mais c’est en 2022 que la chanson a explosé, après son utilisation dans Stranger Things.
Le titre est devenu un hymne générationnel. Les nouvelles générations ont découvert Kate, Bush, son univers unique, ses paroles qui sonnent différemment à 15 ans qu’à 40. « Et si seulement je pouvais, je ferais un marché avec Dieu, et je lui ferais échanger nos places » — cette ligne touche quelque chose d’universel dans l’expérience humaine.
Pour ceux qui veulent aller plus loin, Hounds of Love contient d’autres titres remarquables. La chanson éponyme Hounds of Love explore des thèmes similaires — la fuite, la peur de l’amour, la vulnérabilité.
Les questions fréquentes sur Running Up That Hill
Quel est le vrai titre de la chanson ?
Running Up That Hill (A Deal With God). Kate Bush voulait « A Deal With God » en titre principal, mais les problèmes liés au mot « God » ont conduit à ce compromis.
De quel album est-elle tirée ?
De Hounds of Love, sorti en 1985. C’est le cinquième album studio de Kate Bush.
Que signifie « swap our places » dans la traduction ?
Échanger nos places. L’idée que si un homme et une femme pouvaient permuter leurs expériences — feel how it feels — leurs problèmes relationnels s’évanouiraient. Dis si seulement je pouvais, oh.
Qui a repris Running Up That Hill ?
Placebo en a fait une reprise marquante. D’autres artistes aussi, mais c’est la version originale de Kate Bush qui reste la référence absolue.
Pourquoi la chanson répète-t-elle « si seulement je pouvais » ?
C’est une technique d’incantation. Kate Bush voulait que l’auditeur ressente l’impossibilité du désir exprimé. Je ferais un marché avec Dieu si je pouvais — mais je ne peux pas. La répétition rend ce « je ne peux pas » encore plus douloureux.
Pourquoi cette traduction mérite d’être lue, pas juste écoutée
Beaucoup de gens ont entendu Running Up That Hill des dizaines de fois sans vraiment savoir ce que Kate Bush chante. Les paroles en anglais sonnent bien, la mélodie hypnotise — et les mots passent au second plan. Lire la traduction change l’experience. On réalise que derrière le son, il y a une chanson sobre, précise, presque philosophique sur l’amour et l’incompréhension.
Ce deal with God, ce marché avec Dieu pour échanger les places — c’est une idée qui n’a pas vieilli d’un jour. Si seulement je pouvais, je ferais un marché : colline, route, immeuble, peu importe l’obstacle — je le gravirais pour te comprendre vraiment. C’est pour ça que la musique de Kate Bush continue de toucher des millions de personnes, quarante ans après.